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Lendemains de guerre - Mademoiselle se révolte - «Super 5»
contre N° 5 - Le Yalta du parfum - Formalités à Mexico - Le dernier Noël de Paul
- Embrouilles dans l'aéronautique - Deux Bernheim dans la maison - Haute couture
et sac de légende - Coco et Pierre: happy end
Le Star of Paris, Constellation de la TWA, se pose d'abord à Gander, sur l'île de Terre-Neuve, puis à Shannon, en Irlande, et atterrit enfin au Bourget vendredi 16 mai 1947. Deux hommes émergent de l'appareil: Pierre Wertheimer et Claude Lewy, son avocat. De New York, quelques jours plus tôt, ce dernier téléphonait à René de Chambrun, conseil de Coco Chanel: «Pierre est à côté de moi. Il est prêt à entreprendre le voyage en ma compagnie. Nous pourrions commencer à nous voir samedi 17 dans l'après-midi et dîner tous ensemble le soir. Il souhaite de tout cœur conclure une paix totale et définitive avec Coco.» Le samedi, à 15 heures, nos deux voyageurs sont aux Champs-Elysées dans le bureau du gendre de feu Pierre Laval. Le comte de Chambrun excuse l'absence de Mademoiselle, retenue en Suisse. Il est convenu qu'il l'appellera à Lausanne, à l'hôtel Beau Rivage, pour la tenir informée de l'avancée des négociations. Ces messieurs sont réunis pour mettre fin à une guerre féroce. Qui dure depuis la capitulation allemande. A l'été 1945, Pierre Wertheimer se rend à Londres,
où Félix Amiot le rejoint. Dès la Libération, l'avionneur lui a remis les clefs
de Bourjois et de Chanel. C'est la première fois qu'ils se revoient depuis les
adieux de l'avenue Foch. Pendant quarante-huit heures, les deux hommes évoquent
un peu tout en vrac. Les quelques jours que Félix a passés en prison, en
septembre 1944, pour l'affaire des Junkers. Les lettres de dédouanement qu'il
attend des deux frères - et des résistants qu'il a aidés - afin d'être
réhabilité. La nationalisation de la SECM, leur société aéronautique. Et ce
projet commun de fabriquer, à Cherbourg, du matériel ferroviaire et bientôt des
bateaux de pêche. Dans cette rade militaire, où ils développeront des chantiers
maritimes, ils possèdent une base mythique: l'hôtel Atlantique. Ils ont acquis,
en 1938, ce lieu de passage où des dizaines de milliers d'émigrants venus de
Hongrie, de Pologne, de Lituanie, de Russie ou d'ailleurs ont embarqué un jour à
bord des paquebots de la White Star, de la Cunard et de la Red Star Line. Pierre et Félix poursuivent cette conversation, à Paris, l'année suivante, chez Cazenave, un restaurant de la rue Boissy-d'Anglas. Le cadet des Wertheimer évoque à voix haute ses soucis immobiliers. Il a liquidé le château de Bessan (Médoc), saccagé par la guerre. Il a cédé le domaine de la Vaucressonnière, qui a été occupé par un régiment allemand des transmissions, puis par l'armée américaine. Il pense acquérir le haras de Saint-Léonard-des-Parcs (Orne), qu'il louait jusqu'à présent. Il suit les procédures de restitution des appartements de la famille. Et il vient d'acheter en passant 1 000 hectares à Cerdon, en Sologne: la chasse de la Presle. Tirer la caille, voilà qui devrait le calmer. Car, depuis juin 1945, Coco se révolte. «C'est monstrueux! Ils fabriquent ça à Hoboken! Il faut les assigner en justice!» Coco est entrée, ce jour-là, «comme une furie» dans le bureau du comte de Chambrun. Pendant le conflit, elle avait reçu trois chèques de New York. Son conseil lui avait alors suggéré de ne pas les encaisser. Elle vient non seulement d'apprendre que les frères Wertheimer n'ont cessé de produire du N° 5 dans une usine du New Jersey, mais aussi que Pierre a signé un accord de distribution avec l'armée américaine. De Miami à Anchorage, de Naples à Berlin, de Manille à Tokyo, avec le chocolat au lait, les Lucky Strike et les bas Nylon, le N° 5 attire les boys en goguette quand ils font leurs emplettes à prix détaxés dans les port exchange (PX), les magasins militaires. «Il faut fourbir nos armes, hurle Coco, et j'en ai!» © DR
Pierre Wertheimer mexicain! Fiché au Casier
central des étrangers! Mais pourquoi?
Elle fera fabriquer des jus à Zurich. Et elle va confier l'un de ses flacons à son avocat: «Donnez ça à votre femme, et dites-moi sa réaction.» La comtesse de Chambrun en étale une goutte sur son poignet: «Mais c'est du super 5!» Cette impression est confirmée par Ernest Beaux, l'inventeur du N° 5, qui est épaté. Coco le propose alors dans ses boutiques. Les Wertheimer l'attaquent aussitôt - avec succès - pour contrefaçon. Elle réplique par une action judiciaire à Paris et à New York. Elle estime qu'ils l'ont flouée sur les profits réalisés par la filiale américaine. Elle est déboutée en France. La procédure aux Etats-Unis continue, mais elle n'ira pas jusqu'au bout. Car Coco a expédié des échantillons de ce «super 5» à New York, emballés dans d'élégantes boîtes rouges. Elle n'a pas le droit de les vendre? OK. Mais elle a le droit de les offrir. Ainsi, elle peut semer une confusion totale auprès de sa clientèle «haute couture», de ses amis et des distributeurs du vrai N° 5 - de Bernard Gimbel, patron de Saks, à Stanley Marcus, celui de Neiman Marcus. Les frères Wertheimer et leur état-major soupirent. Où va-t-elle s'arrêter? Il est grand temps de prendre le Constellation de la TWA. Et de remettre à plat les accords de 1924. Ce samedi 17 mai 1947, lorsque Pierre Wertheimer et
son avocat se retrouvent dans le bureau de René de Chambrun, c'est donc une
espèce de Yalta du parfum qui se joue. D'entrée, ils proposent un chèque de
50 000 dollars et 0,5% du chiffre d'affaires annuel. En digne descendant du
marquis de La Fayette, le comte de Chambrun contre-attaque avec 5%. Suivent huit
heures de négociations serrées, entrecoupées d'un thé et de sandwiches. A
plusieurs reprises, le comte s'absente le temps d'appeler Mademoiselle à
Lausanne: le seul téléphone est au bout du couloir, dans la salle des archives.
Il ouvre la porte, la referme et ignore le combiné. «Alors?» demande-t-elle. Car
Coco n'est pas en Suisse. Coco est là. Et cette pièce de boulevard va durer
jusqu'à 23 heures. Jusqu'à la dernière enchère: ils offrent maintenant 350 000
dollars, 2% du chiffre d'affaires - soit l'équivalent de 1 million de dollars
par an - et l'autorisation pour elle de fabriquer et de vendre des parfums
uniquement en Suisse. Que dit Lausanne? Le bout du couloir. La salle des
archives. Cela lui convient, et Coco s'esquive dans la nuit. Dossier
réglé.
En 1948, Pierre Wertheimer en ouvre un autre tandis qu'il marche dans les rues de Montevideo. Ces dernières années, on l'a vu à Cuba. Et aussi, et surtout, à Mexico. Ce 12 août, le voici donc au cœur de la capitale de l'Uruguay. Il ne prend pas la route des plages de Pocitos, la plus aristocratique, de Malvin, dite «plage des Anglais», ni encore celle de Carrasco, ombragée de tamaris et bordée de villas roses. Il ne remonte pas davantage l'avenue du 18-Juillet pour se rendre à sa banque - Montevideo est alors la Genève de l'Amérique latine. Non. Il se rend au consulat du Mexique et se fait établir un passeport mexicain - n° 13.394. Sans problème? Sans problème: il a renoncé à la nationalité française. Le 23 août, le voici à Mexico, où il fait viser ce document par le consul de France. Pierre Wertheimer mexicain! Pierre Wertheimer fiché au Casier central des étrangers, à Paris, sous le n° 1.824.432! Mais pourquoi? Les uns évoquent «sa crainte, alors, d'un troisième conflit mondial». D'autres suggèrent «des motivations fiscales». On peut ajouter à ce lot d'hypothèses la présence à Mexico de Jacqueline, fille adultérine de Pierre et d'une danseuse des Ballets russes. Petite-fille de Théophile Bader, Ginette Moulin précise: «Il ne s'en cachait pas. Vers la fin des années 1950, avec Etienne, mon mari, nous sommes allés au Mexique. C'est Pierre qui avait organisé notre voyage, et il nous a adressés à elle. Elle parlait français avec l'accent espagnol. Mariée à un diplomate sud-américain, elle avait deux petites filles d'une dizaine d'années.» Est-ce là l'explication? Pour Pierre, New York reste la base stratégique. Et, s'il existe pour lui une bonne raison de changer de nationalité, il faut quand même la chercher du côté de la législation mexicaine. C'est un pays, à l'époque, où le régime successoral est l'un des plus favorables au monde. En industriel avisé, Pierre aurait ainsi anticipé sa mort. Mais, pour l'heure, ce n'est pas la sienne qui est d'actualité. Le 3 octobre 1948, il débarque à Calais avec un visa de touriste. Il vient prendre des nouvelles de son frère, et elles ne sont pas gaies. Paul avait quitté New York, se retirant à Lausanne. A 65 ans, gravement malade, il est rentré en France pour se faire soigner à l'Hôpital américain, à Neuilly-sur-Seine. Le 22 décembre, Pierre se pointe à la préfecture de police. L'agonie de son frère le conduit à prolonger de trois mois son titre de séjour. A Pantin, le 17 janvier 1949, les membres du comité d'entreprise de Bourjois «s'associent pour rendre hommage à la mémoire de Monsieur Paul Wertheimer, décédé le 28 décembre». Et, pour la «fête de Noël 1948», ils rappellent que, «si la séance récréative a été décommandée, les parents ont reçu pour leurs enfants les montants (et friandises) qui avaient été fixés». Dans les mois qui suivent, Pierre rachète les parts de Paul dans l'affaire familiale à sa veuve, Madeleine, et à ses deux enfants, Jeanine Bernheim et Antoine Wertheimer. Ainsi soit-il. Avant de se rembarquer pour New York, il a également mis en demeure Félix Amiot de lui restituer la participation qu'il détenait avant guerre dans la Société d'emboutissage et de constructions mécaniques (SECM) et les Chantiers aéronautiques de Normandie (CAN), leur groupe vendu à l'Etat en 1929 et racheté en 1934. L'avionneur conteste cette revendication, et rêve d'étrangler l'avocat de Pierre, Léon Netter, qui en remet: «Nous sommes tentés de croire que M. Amiot, par un phénomène d'osmose bien regrettable, mais bien commun par les temps qui courent, a considéré les fonds de la SECM comme étant les siens propres.» Ambiance. Pourtant, pas plus tard que le 30 juin 1947, Pierre était le témoin de mariage de Félix - l'ancien président du Conseil Paul Reynaud était celui de la mariée - à la mairie du VIIe arrondissement. Comment en sont-ils arrivés là? Le différend remonte à 1929. Au moment de la vente de leur société à l'Etat, Félix s'était senti lésé: il touchait 9 millions quand les Wertheimer et les Fribourg en encaissaient 14 chacun. «La partie technique, dit-il, m'apparaissait par trop défavorisée par cette répartition. J'en parlai à René Fribourg, qui répercuta sur son frère Jules, qui répercuta sur Pierre Wertheimer, qui répercuta sur Paul, pour en revenir à René Fribourg. Lorsque chacun m'eut expliqué les pressants besoins d'argent de leurs affaires, il fut convenu qu'on attendrait des jours meilleurs pour reparler de cette question.» Nous y voilà. Et Félix a réglé le problème en s'autoproclamant seul actionnaire de leur ancien groupe. Alors, qui se moque de qui? La question a son intérêt, car, en cette veille des années 1950, la SECM a bénéficié d'une double indemnité. Dommages de guerre: 623 millions. Nationalisation: 420 millions. Les CAN, eux, ont perçu 425 millions de dommages de guerre. D'assignation en assignation, une transaction intervient: Pierre Wertheimer récupère 35% des parts de la SECM et des CAN. Une grosse partie de ces indemnités a été réinvestie dans leurs nouvelles sociétés. Dans la seconde moitié des années 1950, Pierre liquidera toutes ses participations et laissera le père Félix voguer vers son destin: en 1969, c'est lui qui vendra les fameuses vedettes de Cherbourg à Israël… A New York, le vice-président de la compagnie Wertheimer Frères s'appelle Claude Bernheim. Ce champion de bobsleigh, amateur de courses automobiles et diplômé de Sciences po, est entré au service de Bourjois, en 1931, comme directeur commercial: il vient alors d'épouser Jeanine, fille de Paul Wertheimer. En 1940, ce casse-cou - il se lancera plus tard dans une expédition à travers l'Afrique - est parti avec sa femme pour Londres, où il s'est engagé comme pilote de chasse dans les Forces françaises. Mais ce bel aventurier est aussi le cousin de Léonce Bernheim, avocat. Et, en 1951, c'est le fils de feu Léonce qui entre chez Bourjois («Avec un j comme joie») à Paris. Il a 27 ans, il est engagé pour réorganiser la maison, et il se prénomme Antoine. La future star de la banque Lazard va passer quatre ans au service de Pierre Wertheimer. «Je le revois venir dîner chez mes parents, se souvient Antoine Bernheim. C'était un homme extraordinairement séduisant, d'un charme fou, qui plaisait aux femmes. Une vraie présence.» Il souligne: «On vivait un peu à la cour du roi Pétaud. Mais, quand Pierre était à Paris, tout tournait autour de lui, dans une ambiance de courtisans.» Depuis 1951, il a retrouvé les ardeurs d'un conquérant, en tombant raide amoureux d'une jeune mannequin de chez Carven. En 1954, «le Mexicain» rachète la part des Galeries Lafayette dans les Parfums Chanel: les 10% détenus directement par Max Heilbronn, gendre de Théophile Bader; et les 10% contrôlés par La Financière, société dirigée par Raoul Meyer, autre gendre de Bader. Cette année-là se produit surtout un événement historique: le come-back de Coco dans la haute couture. En septembre 1939, elle a fermé sa maison - seuls les accessoires et les parfums continueront d'être vendus dans ses boutiques. La guerre est pour elle synonyme de romance avec Hans Günther von Dincklage, alias «Spatz», un agent du Reich. Ce qui lui vaudra d'être emballée, en septembre 1944, par les FFI. Après trois petites heures en cellule, elle quitte la France et se met au vert en Suisse. Aujourd'hui, à 70 ans, riche et désœuvrée, Mademoiselle assiste - crispée - au spectacle des couturiers en vogue. Des hommes, en plus! Dior. Fath. Balenciaga. Elle ne tient plus. Elle contacte Carmel Snow, papesse de la mode, pour qu'elle lui trouve un partenaire à New York - et elle le fait subtilement savoir à l'état-major des Parfums Chanel. Mais ces gentlemen ne sont pas chauds pour s'associer à ce retour: seul Pierre Wertheimer y croit. Peut-être, aussi, ne tient-il pas à voir Coco tomber dans d'autres mains. Dont acte: la société des Parfums Chanel prendra à sa charge la moitié des frais de la collection. Mais, le 5 février 1954, ce premier défilé suscite les quolibets. C'est le fiasco. Le désastre noir. Tout laisser tomber. Voilà ce que les proches de Pierre et quelques membres de son conseil d'administration lui suggèrent. La vente du N° 5 ne va-t-elle pas pâtir de cette débâcle? Ne murmure-t-on pas déjà que Coco est au bord de la faillite? Pierre se fout de ces rumeurs, de ces sombres prophéties. A son conseil juridique, Robert Chaillet, il confie: «Ils disent tous que j'ai tort, mais, moi, je sais qu'elle a raison.» Aussi, le 24 mai 1954, il rachète la maison de couture. Voilà Pierre Wertheimer propriétaire de tout le groupe Chanel. A compter de ce jour, il réglera aussi la totalité des dépenses de Coco: les impôts, le Ritz, la Cadillac, le chauffeur, les domestiques, le cuisinier, le téléphone - et jusqu'aux timbres. Les collections vont suivre. Très vite, aux Etats-Unis, le magazine Life lui consacre quatre pages et sa Une. C'est la renaissance. Le triomphe. René et Josée de Chambrun passent un soir la prendre pour aller souper chez Maxim's. Ils font un détour par le domicile de Pierre. «C'est lui qui ouvrit la porte. Je l'ai senti très ému lorsque Coco plaça ses bras autour de son cou, l'embrassa et lui dit simplement: ‘‘Merci pour tout, Pierre…''» En juin 1956, il cherchera à nouveau ses bras en revenant d'Ascot, où son cheval Lavandin a remporté le prestigieux Derby d'Epsom. Il monte quatre à quatre les marches du n° 31 de la rue Cambon. Coco a juste eu le temps de planquer sous son divan Le Figaro avec la photo du vainqueur. «Vous avez gagné le Derby? Mais quand ça? - Hier, et la reine m'a… - Vous auriez dû me téléphoner. Allez, embrassez-moi quand même…»
Entre eux s'est établie une relation désormais apaisée, sereine, mais jamais dépourvue de taquinerie. Un an plus tôt, Coco a donné sa forme définitive à ce qui va devenir l'autre best-seller de la marque: le sac matelassé avec sa chaîne dorée. Seule ombre à ce tableau: lors d'une intervention chirurgicale, à New York, Pierre a avalé une broche métallique qui s'est fichée près d'un poumon. Depuis, il ne fait plus un mètre sans un médecin à ses côtés. A Paris, il est accompagné d'un interne que lui procure le Pr André Meyer. Cet interne le suivra partout - jusque sur le pont du yacht de 40 mètres de longueur qu'il s'est fait dessiner, en 1962, par le cabinet néerlandais Nicolaas Witsen & Vis. Immatriculé à Monaco, cet élégant voilier est ancré l'été dans le port de Trouville. Pierre l'a baptisé Mathilda, en hommage à sa mère. Qu'il ne va pas tarder à aller retrouver. Le 24 avril 1965, à l'âge de 77 ans, son cœur s'arrête de battre. On l'a vu sourire en public, pour la dernière fois, le 29 janvier. Entouré des actrices Elsa Martinelli et Annie Girardot, de Mme Georges Pompidou, du cinéaste Luchino Visconti et du chorégraphe Serge Lifar, Pierre Wertheimer sablait le champagne avec Gabrielle Chanel. Ce fut son ultime défilé.
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